Archivistique saguenayenne

Inventaires d'archives régionales

 

Page d'accueil André Côté

 Objectifs

Il s'agit d'un projet mis sur pied en 1972, lorsque nous étions jeune professeur d'histoire à l'Université du Québec à Chicoutimi. Nous voulions réaliser des instruments de recherche sur les archives du Saguenay-Lac-Saint-Jean, afin de faire connaître la richesse patrimoniale de notre région, et par là, favoriser les études historiques. Les organismes concernés étaient privés et semi-publics. En voici une liste préliminaire: paroisses, municipalités, évêché de Chicoutimi, communautés religieuses, Commissions scolaires, maisons d'enseignement privé, Collèges d'enseignement général et professionnel (Cégeps), Centres hospitaliers, Université du Québec à Chicoutimi.

Gestion de l'information et méthodologie d'inventaire

Dans le domaine de la gestion de l'information, on retrouvait peu de services structurés, et par voie de conséquence, rares étaient les services d'archives vraiment organisés. Chaque service administratif gérait l'information selon sa propre formule, puis, gardait celle-ci dans ses bureaux, tant et aussi longtemps que l'espace disponible le permettait. Bien entendu, les normes et procédures développées en archivistique, depuis le XIXe siècle, trouvaient peu de place dans un tel environnement. On vivait généralement dans l'encombrement le plus total et on peinait à retrouver l'information, parfois récente. On avait l'impression que ces difficultés devaient faire partie de la vie courante. Bref, on semblait apprécier la misère. L'arrivée des nouvelles technologies ne réglait point les problèmes de gestion uniforme et structurée de l'information.

C'est dans un tel environnement, peu propice au travail archivistique, que nous nous sommes situé pour réaliser des instrument de recherche. La formule retenue était celle du Guide d'archives, qui consiste à fournir des informations uniformes sur des séries documentaires. Voici notre méthodologie. Comme on ignorait, au point de départ, le genre d'informations se trouvant dans un groupe d'organismes homogènes, telles paroisses, municipalités, institutions d'enseignement, communautés religieuses, on se rendait d'abord dans quatre organismes (exemple: deux paroisses anciennes, deux paroisses récentes), puis on y relevait toutes les séries documentaires. Pour chaque série, on notait le nom, les dates extrêmes, le nombre de volumes ou de liasses, le nombre de centimètres ou de mètres linéaires, et le lieu de conservation. À cette étape, on faisait également une analyse de contenu pour chaque série. Puis, on faisait la synthèse des séries et de l'information contenue en chacune d'elles. Finalement, on élaborait un cadre de travail contenant la liste des séries retenues. C'est ce cadre de travail qui sera utilisé pour inventorier les archives des autres organismes homogènes ( exemple: les autres paroisses, dans le cas présent).

Ainsi, sur les 95 paroisses du diocèse de Chicoutimi, quatre ont été retenues pour élaborer le cadre de travail, et 91 furent ensuite inventoriées avec ce cadre de travail. De sorte que les archives des 95 paroisses ont été décrites de manière uniforme. Donnons un exemple: la série I.10 (Baptêmes, mariages et sépultures) de la paroisse-cathédrale Saint-François-Xavier de Chicoutimi fut décrite comme suit: Registres des baptêmes, mariages et sépultures, 1er janv. 1876- 3 juin 1973, 36 vol., 1m80, voûte... On y retrouve donc les cinq informations. Un chercheur intéressé par l'histoire démographique de la région saguenayenne et jeannoise, par exemple, consultera dans le Guide d'archives paroissiales la série I.10 de chacune des 95 paroisses.

On a ainsi établi un cadre d'inventaire spécifique pour les archives paroissiales, un autre pour les archives municipales, un troisième pour les archives scolaires, et un quatrième pour les archives religieuses. De cette manière, chaque groupe homogène d'archives peut être décrit selon la même méthodologie. L'établissement d'une telle méthodologie a exigé de la rigueur et du temps. Les volumes publiés fournissent des informations complémentaires sur toutes ces questions.

Sources de financement

Les principaux organismes subventionnaires ont été les suivants: Conseil de recherche en Sciences humaines du Canada (Ottawa), Ministère de la culture et des communications du Québec, Université du Québec à Chicoutimi. À noter que les organismes concernés, sauf quelques rares exceptions, telle l'Université du Québec à Chicoutimi, n'ont pas encore fourni de financement, ni pour les inventaires de leurs archives, ni pour la publication de ces inventaires. Une certaine sensibilisation reste donc à faire sur ce plan.

Ressources humaines

Des diplômés en histoire et en archivistique, dévoués à la conservation du patrimoine, ont parcouru, souvent avec des moyens de fortune, depuis presque 30 ans, la région saguenayenne et jeannoise afin d'inventorier ses archives, sources indispensables à la recherche historique régionale. Mentionnons aussi des collègues historiens et archivistes qui nous ont donné jusqu'ici de judicieux conseils et apporté leur soutien. Les noms des recherchistes et ceux des collaborateurs apparaissent au début de chaque volume.

Lendemains

Des historiens et archivistes ont utilisé notre méthodologie et notre cadre de travail pour inventorier avec succès, dans leur région respective, notamment les archives paroissiales. Qu'il suffise de citer ici l'équipe de l'Institut québécois de la recherche sur la culture (IQRC) pour les paroisses de la Côte-du-Sud et celles de Charlevoix, une autre équipe pour les 135 paroisses de l'archidiocèse de Sherbrooke, une troisième pour les paroisses catholiques de la région d'Ottawa, enfin, une autre pour les paroisses catholiques du diocèse de Winnipeg. Des difficultés de financement ont mis en veilleuse leurs initiatives, remplies de promesses, qui devaient s'étendre également aux archives municipales, scolaires et religieuses.

Il est difficile d'oeuvrer dans le domaine culturel régional sans l'apport financier du milieu. Les sources locales de financement devraient appuyer les organismes subventionnaires gouvernementaux. La conjonction de deux sources de financement, locales d'abord, gouvernementales ensuite, pourrait seule assurer le succès à long terme de ce genre d'entreprises. Après tout, la conservation du patrimoine archivistique régional n'est-elle pas l'affaire du milieu?

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