mise à jour: 4 déc.
2002, Françoise Labelle
Dans cette section, nous terminons en examinant divers aspects de la référence, ce qui me permettra d'aborder les actes de langage puisque la pronominalisation et le satut particulier des pronoms JE, TU y jouent un rôle central. Pour ceux qui ont des intérêts littéraires, soulignons l'importance de ces thèmes qu'on retrouvera dans des volumes comme La pragmatique, Outils pour l'analyse littéraire, J.-M. Gouvard, Armand Colin 1998.
Nous examinerons les aspects suivants:
Sens et référence
Si on définit la référence nominale comme l'utilisation d'un nom pour désigner une entité dans le contexte linguistique ou extra-linguistique, un nom commun employé sans article ne réfère pas. Ainsi, dans les exemples suivants, il n'y a pas référence. On ne désigne pas un ou des entités mentionnées dan le discours ou présentes dans l'environnement. L'emploi d'un déterminant et la reprise pronominale définie (le, la, les) sont interdits en français:
La reprise pronominale d'un nom sans l'article se fait par en:
Extension et intension
Ces termes proviennent de la logique. Le sens y est légèrement différent de celui que nous avons donné à sens et référence. En logique extensionnelle (logique des prédicats), tout est interprété en terme d'ensemble. Techniquement, tout a une référence ensembliste. L'extension d'un nom avec déterminant (les artistes, un artiste...) est un sous-ensemble de l'ensemble des entités du discours, ce sous-ensemble pouvant contenir un ou plusieurs individus. On peut donner une extension à un nom sans déterminant: artiste a comme extension l'ensemble des artistes. Selon cette définition, extension est différent de référence puisque nous avons dit qu'un nom doit avoir un déterminant pour avoir une référence. Et il est sage de maintenir cette distinction puisque la logique et les langues naturelles n'ont pas exactement les mêmes fonctions.
On a introduit des logiques intensionnelles (modales) dans lesquelles, on distingue entre intension et extension. Ces logiques interprètent les expressions en fonction d'un indice contextuel. Ainsi, le président des US peut avoir une intension et référer à la fonction présidentielle en général, i.e. en toute occasion (1). Ou il peut avoir une extension dépendante d'un contexte précis: (2-3)
L'intension de président des US est décrite comme la fonction qui identifie tous les présidents des US à toutes les époques, alors que l'extension identifie un président à une époque précise. En termes ensemblistes, l'intension et l'extension d'un nom ont toujours une référence. Là où il peut y avoir confusion, c'est lorsqu'on définit l'intension comme une règle abstraite, une machine à reconnaître des présidents. Là, on rejoint la définition du dico et le sens. Mais on quitte le terrain ensembliste. C'est ce que font Brousseau-Roberge. Tout est question de définition. Nous préférons réserver intension et extension à la logique intensionnelle.
Référentiel et non référentiel (=spécifique et générique)
Cette distinction est essentielle en linguistique. Elle peut être décrite logiquement à l'aide de la logique intensionnelle et rejoint la distinction intension-extension. Elle concerne l'emploi d'une phrase ou d'une partie de phrase (donc un nom). Nous allons cependant demeurer sur le terrain linguistique. Un nom dont la référence est actualisée par un déterminant peut être employé pour désigner une entité extra-linguistique précise, qu'on pourrait nommer autrement. Alors que l'emploi non-référentiel (ou générique) ne désigne pas une situation particulière (dans le cas des propositions) ou une entité particulière (dans le cas des noms).
[Référentiel, spécifique] Contexte 1: Jules veut apprendre à Jim que Julie sort avec quelqu'un. Selon ce que Jim connaît de l'individu, Jules pourrait utiliser indifféremment le nom propre de l'individu ou toute autre description de l'individu. Si, par exemple, cet individu s'appelle Marc-André, est un romancier connu et un grand hockeyeur, il pourrait dire indifféremment:
Julie sort avec Marc-André, un certain Marc-André, un romancier célèbre, un joueur de hockey, lui là-bas (s'il est présent).
[Non référentiel, générique] Contexte 2: Jules veut apprendre à Jim que Julie sort avec quelqu'un. Mais, par snobisme, ils détestent tous les deux les joueurs de hockey. Cette fois, l'emploi du terme n'est plus indifférent. S'il sont snobs, peut-être est-ce positif de sortir avec un romancier. Dans ce cas, la seule possibilité est:
Julie sort avec un joueur de hockey
La distinction concerne également l'emploi des propositions. On parle alors de situations précises ou non. La proposition suivante peut-être employée de manière référentielle (spécifique) ou non référentielle (générique):
Évidemment, vous aurez noté la ressemblance avec intension et extension, mais encore une fois, nous préférons réserver cette distinction pour la logique intensionnelle. Illustrons l'importance linguistique de cette distinction à l'aide de deux exemples.
Le présent et le passé composé en français et en anglais:
L'anglais, contrairement au français et à l'allemand, n'admet pas l'emploi référentiel (spécifique) du présent (Labelle 2002, Point de vue et aspect en français et en anglais, Cahiers Chronos 9, Rodopi; et Dialangue 5, Chicoutimi, 1994):
Par contre, l'emploi non référentiel (générique) est sans problème:
C'est probablement ce qui explique pourquoi le passé composé anglais (le present perfect), est également impossible dans un emploi référentiel (spécifique), le present perfect étant composé d'un présent:
Encore une fois, l'emploi non référentiel (générique) est sans problème:
Les déterminants en français et en anglais
En anglais, que l'emploi soit non référentiel (générique) ou référentiel (spécifique), avec les noms [-non comptables], on emploie le nom sans déterminant:
Par contre, en français, lorsque l'emploi est référentiel (spécifique), c'est le partitif qui doit être utilisé, ce qui est source d'erreurs pour l'anglophone:
La distinction référentiel/ non référentiel est donc absolument indispensable en linguistique.
Les déterminants et les quantificateurs généralisés
Les déterminants sont pour plusieurs linguistes, classiques ou (post-)modernes, un terrain difficile, chaque déterminant semblant avoir des propriétés propres et évanescentes qui défie toute tentative de classification (que c'est beau, la poésie!). Dans cette section, nous introduirons une approche récente, celle des quantificateurs généralisés qui permet une typologie logique de plusieurs déteminants des langues naturelles.
Dans la logique des prédicats, on analyse les déterminants tout/tous les et un (il existe au moins un):
Ce type de formalisation permet d'analyser certaines propriétés des déterminants du français mais en laisse échapper plusieurs. En voici quelques-unes
A) L'apparition gênante du -> (en 1) . Tous les étudiants (ne) sont (pas) riches présuppose l'existence d'étudiants, contrairement à si (->).
B) Un et tous (aucun) ont des degrés de «force» qui n'apparaît pas dans la formalisation:
C) Le déterminant aucun serait formalisé par Tout suivi d'une négation:
Le problème que pose cette analyse de aucun (et de d'autres déterminants), c'est qu'on perd ainsi la notion Sujet-Prédicat (le parallélisme syntaxique), qu'on retrouve pourtant dans l'ensemble des déterminants des langues naturelles. Ce parallélisme est rétabli dans l'analyse des quantificateurs généralisés.
L'approche des quantificateurs généralisés consiste à analyser le Sujet de la proposition comme un ensemble de propriétés. Georges dort sera Vrai si dort fait partie de l'ensemble des propriétés de Georges. De la même manière, dans l'exemple suivant, La plupart des étudiants désigne un ensemble de propriétés et la proposition est Vraie si la propriétés travaillent fort fait partie des propriétés que partagent l'ensemble la plupart des étudiants:
(La plupart des étudiants) (travaillent fort)
Soit P, l'ensemble des propriétés de (La plupart des étudiants)
(La plupart des étudiants) (travaillent fort)= Vrai si travaillent fort Í P
Remarque: En fait, c'est un peu plus compliqué que ça en termes ensemblistes. La description ci haut laisse entendre que seuls les étudiants travaillent fort, ce qui est trop restrictif. Si on veut être précis, (La plupart des étudiants) représente un ensemble de sous-ensembles qui contiennent tous (la plupart des étudiants) mais qui peuvent contenir également d'autres sous-ensembles, n'excluant pas que d'autres groupes aussi travaillent fort.
Cette approche rétablit la structure Sujet-Prédicat qu'on retrouve dans les langues naturelles. Mais le plus intéressant c'est qu'il est possible d'analyser, par exemple le déterminant La plupart des comme une relation entre deux ensembles: celui des gens qui sont étudiants et celui des gens qui travaillent fort. Vu sous cet angle (extension d'idées remontant à Aristote selon I.Heim), les déterminants sont des relations entre l'ensemble déterminé par le sujet de la proposition (N) et l'ensemble déterminé par le verbe (V) de la proposition (le prédicat plus exactement):
Tous les N V : N Í V
Tous les étudiants sont riches : lensemble des étudiants Í lensemble des gens riches
Des N V : N ÇV ¹ ø
Des étudiants sont riches : lintersection des étudiants et des gens riches nest pas vide
Aucun N V : N Ç V = ø
Aucun étudiant nest riche : lintersection des étudiants et des gens riches est vide
Deux N V : |N Ç V| ³ 2
Deux étudiants sont riches : lintersection des étudiants et des gens riches contient 2 éléments ou plus .
|A| représente non les éléments de A mais le nombre d'éléments de A.
La plupart des N V : |N Ç V| > N V
La plupart des étudiants sont riches : lintersection des étudiants et des gens riches est plus grande que lensemble des étudiants qui ne sont pas riches
Plusieurs/ beaucoup détudiants sont riches : |N Ç V| > m où m est une quantité relativement importante dépendante du contexte
Peu détudiants sont riches : |N Ç V| > p où p est une quantité relativement faible dépendante du contexte
Pour plousse dé détails: Adverbs of quantification, H.
de Swart 1993 pp.147-149
Semantics in generative grammar. Irene Heim & Angelika Kratzer.
Malden & Oxford: Blackwell, 1998. pp.147-156
Voir aussi Keenan 1998, The Semantics of Determiners, pour une version
complète de cette approche:
http://www.let.uu.nl/esslli/Courses/keenan.html
Typologie des déterminants
À partir de cette analyse relationnelle des déterminants, il est possible de dégager diverses propriétés logiques des déterminants. Dans ce qui suit, en plus de N et V, D représente un déterminant, NÇ V désignera N restreint par V (la plupart du temps une relative: N qui V). Un déterminant peut être :
Conservateur: D N V => D N sont des (NÇV)
Ex: La plupart des bébés pleurent => La plupart des bébés sont des bébés qui pleurent
*Seuls les bébés pleurent*|- Seuls les bébés sont des bébés qui pleurent
[Seuls les bébés pleurent exclut que les hommes pleurent mais pas Seuls les bébés sont des bébés qui pleurent]
La différence entre les adverbes comme seul et les déterminants repose sur la conservativité (Keenan 1996).
Monotone croissant (à droite): si D N V et V Í V' alors D N V'
Ici,V Í V' veut dire que V' (ex: arriver) est une propriété plus englobante et V plus précise (ex: arriver tôt). Lorsqu'un déterminant monotone croissant est employé avec une propriété précise, on peut inférer la proposition avec la propriété plus englobante. Ainsi, tous les, trois, plusieurs sont des monotones croissants, contrairement à aucun, pas tous les, peu:
Ex: Tous les (trois, plusieurs) étudiants sont arrivés tôt |- Tous les (trois, plusieurs) étudiants sont arrivés
*Aucun (pas tous, peu de) étudiant n'est arrivé tôt *|- Aucun (pas tous, peu d') étudiant n'est arrivé
En ce qui concerne la conjonction et, les monotones croissants se comportent également d'une manière distincte:
Tous les (trois, plusieurs) étudiants boivent et fument |-Tous les (trois, plusieurs) étudiants boivent et tous les (trois, plusieurs) étudiants fument
*Aucun (pas tous les, peu de) étudiant ne boit et (ni ne) fume *|- Aucun (pas tous les, peu de) étudiant ne boit et aucun (pas tous, peu de) étudiant ne fume
[Il se peut qu'aucun ne fasse les deux à la fois mais que plusieurs fassent l'un ou l'autre]
Dans ces exemples, du type Det N V, c'est le V qui est plus précis
ou plus englobant (croissant) que V'. C'est ce qu'on appelle monotone croissant
à droite. On peut examiner ce qui se passe lorsque un N (ex:
étudiant de La Baie) est plus précis que N' (ex: étudiant)
. C'est la monotonie croissante à gauche:
Monotone croissant à gauche: si D N V et N Í N' alors D N V'
Tous les est monotone croissant à droite mais pas à gauche. (Ce ne sont) pas tous les est monotone croissant à gauche:
*Tous les étudiants de La Baie sont arrivés |- Tous les étudiants sont arrivés
Pas tous les étudiants de La Baie sont arrivés (Les étudiants de La Baie ne sont pas tous arrivés)
|- Pas tous les étudiants sont arrivés (Les étudiants ne sont pas tous arrivés)
Monotone décroissant (à
droite)si D N V et V' Í
V alors D N V'
Dans ce cas, du plus englobant V (arriver), on infère le plus
précis V' (arriver tôt). Aucun est monotone
décroissant à droite: Ex:
Aucun (pas tous), peu d'étudiants |- Aucun (pas tous), peu d'étudiants sont arrivés tôt
*Tous les (trois, plusieurs) étudiants sont arrivés *|- Tous les (trois, plusieurs) étudiants sont arrivés tôt
En ce qui concerne la conjonction ou, les monotones décroissants se comportent également de manière différente:
Aucun, peu d'étudiants boivent ou fument |- Aucun, peu d'étudiants boivent ou aucun, peu d'étudiants fument
*Tous les (trois, plusieurs) étudiants boivent ou fument *|-Tous les (trois, plusieurs) étudiants boivent ou tous les (trois, plusieurs) étudiants fument
Fort ou faible Certains déterminants se distinguent par leur force (ex: tous les). L'analyse relationnelle (i.e. relation entre le sujet et le prédicat) est indispensable, contrairement aux faibles (ex: certains) qui n'exigent pas l'analyse relationnelle. Le test suivant fait ressortir cette propriété, où Nh désigne un hyperonyme (ex: gens, individus, personnes sont des Nh pour étudiants:
D N V |- D Nh sont (à la fois) des N et V
Certains fonctionnaires sont gras durs |- Certaines personnes sont (des) fonctionnaires et sont gras durs
Les déterminants qui admettent l'inférence sont faibles et ceux qui ne l'admettent pas sont forts:
Des étudiants sont végétariens |- Des gens sont à la fois des étudiants et sont végétariens
(Dans cette salle,) Quelques étudiants sont végétariens |- Quelques personnes sont des étudiants et des végétariens
*(Dans cette salle,) Tous les étudiants sont végétariens *|- Tous les gens sont à la fois étudiants et sont végétariens
*La plupart des profs sont pourris *|- La plupart des gens sont à la fois profs et pourris
Certaines oranges étaient pourries |- Certains fruits étaient à la fois des oranges et étaient pourris
*La plupart des oranges étaient pourries *|- La plupart des fruits étaient à la fois des oranges et étaient pourris
*Dans cette salle, chaque étudiant porte un insigne *|- chaque personne est un étudiant et porte un insigne
Dans ce vol, peu de passagers ont été incommodés par la fumée |- peu de gens sont des passagers et ont été incommodés par la fumée
Les forts sont les déterminants qui ne peuvent être analysés que comme des déterminants relationnels (on ne peut séparer le N du V) alors que les faibles peuvent être analysés de manière relationnelle mais ne l'exige pas (on peut séparer N et V). Autrement dit, les forts, dans les exemples précédents, doivent être analysés comme contenant une condition: Tous les gens, s'ils sont étudiants, sont végétariens, ce qui n'est pas le cas des faibles
Faibles: quelques, plusieurs, des, deux, aucun, certains...
Forts: tous les, la plupart, chaque...
Exercice: Quels sont les déterminants qui peuvent apparaître dans le contexte suivant? (Deux, la plupart des, des, quelques, tous, la plupart, chaque...). En vous servant des propriétés ci haut, formulez une règle caractérisant les déterminants acceptables dans ce contexte.
Par le train de 11h45, il (n') est arrivé ___ soldat(s).
Je/tu et les actes de langage
Dans les tables de conjugaison, qui font la terreur des étudiants, les pronoms je/tu/il... semblent tous égaux. C'est illusoire. Dans un échange verbal, Je et Tu désigne deux participants privilégiés, souvent présents physiquement, sauf dans les échanges épistolaires. Au contraire Il peut désigner l'étranger dasn l'écahnge verbal. On retrouve ce statut particulier de Je et Tu dans les conditions d'emploi des verbes performatifs et, en français, dans le comportement syntaxique et la morphologie des pronoms clitiques (se plaçant devant le verbe).
Pour introduire les verbes performatifs, on peut comparer l'emploi du présent dans les deux contextes suivants:
Contexte1: [Une émission de Daniel Pinard]: Voilà! Je roule le pidron de coustarde dans de la farine de balluc. Je le trempouille dans l'huile de baleinon pendant quelques secondes, puis j'escarbouille deux fois le pidron mouillé sur la clapette.
Dans ce contexte, c'est comme une partie de hockey. Le locuteur s'exprime à la 1e personne et décrit ce qu'il fait. C'est un emploi (acte illocutoire) déclaratif. Imaginez que Josée décrive l'action: elle pourrait tout aussi bien utiliser TU ou IL. Dans les contextes suivants, c'est tout à fait exclu:
Contexte2: [Le prêtre à l'église]: Personne ne s'opposant à l'union, je vous déclare unis par les liens du mariage.
Contexte3: [La juge à la cour]: Bon, j'en ai assez entendu. Je vous condamne à deux mois de travaux communautaires et à une grosse amende salée.
Contexte4: [Dans une discussion]: Je ne vous permets pas de me juger. Vous n'avez pas eu à éléver seul trois enfants avec un salaire de misère.
Contexte5: [Dans une émission de télé, style Droit de parole]: Bin moi, j' trouve que le fédéral a du culot de nous redonner notre argent en imposant des conditions. Cé l'boutte! On devrait cesser de donner nos impôts à Ottawa.
Dans tous ces cas, la substitution de JE par TU/IL donne un effet comique ou entraîne la perte de «quelque chose». De même la substitution du présent par un temps passé produira un changement de sens allant au-delà de la référence temporelle. Dans les contextes 2-5, le locuteur ne décrit pas ce qu'il fait (à moins d'être schizo ou sur le LSD) mais en prononçant les propositions soulignées, il fait un acte: il marie un couple, il condamne un suspect, il fait une interdiction ou il exprime ce qu'il croit.
Ce type de verbes qui par leur emploi à la 1e personne et leur sens font une action (interdire, condamner, déclarer uni, promettre...) sont appelés des verbes performatifs. L'emploi de ces verbes dans les conditions correctes (emploi de JE, droits du locuteur) est une acte illocutoire performatif. Un acte performatif ne nécessite pas nécessairement la présence d'un verbe performatif. La déclaration d'une personne en possession d'une autorité quelconque, au présent, peur suffire:
La séance est ouverte (*était)
... et le gagnant est...(*était)
On doit distinguer ces verbes spéciaux des actes illocutoires et perlocutoires qui concernent l'acte qui est fait pas l'emploi d'une proposition et qui ne sont pas nécessairement matérialisés par un verbe spécial. Exemple:
Dans le contexte 3, Julie a été condammée à deux mois de communtaire. Jules doit la surveiller mais ce matin il devait faire ses emplettes noëlliennes. Jim, son rival, lui demande sournoisement:
- Qu'est-ce qu'elle a fait ce matin, Julie?
Il n'y a pas de verbe performatif. Mais il y a un acte illocutoire, une question. Il y a aussi un acte perlocutoire, ce que Jim fait avec la question, soit une tentative pour embarrasser Jules, l'acte perlocutoire est hautement dépendant du contexte.
Exercice1: [S'adressant au gendarme:] Monsieur le gendarme, j'aimerais me rendre à la tour Eiffel. Quel est l'acte illocutoire? Expliquez. Quel est l'acte perlocutoire? Expliquez. -( solution )-
Exercice2: Dans les exemples suivants, quels sont les actes illocutoires et perlocutoires en cause. Justifiez (personne, temps).-( solution )-
Exercice3: Dans Seuls les étudiants sont pauvres, seuls s'accorde et n'est pas en position normale pour un adjectif. Serait-ce un déterminant? Pourquoi?-( solution )-
Exercice4: Quels sont les déterminants qui peuvent apparaître dans le contexte suivant? (Deux, la plupart des, des, quelques, tous, la plupart, chaque...). En vous servant des propriétés ci haut, formulez une règle caractérisant les déterminants acceptables dans ce contexte.-( solution )-
Par le train de 11h45, il (n') est arrivé ___ soldat(s).
Exercice5: Dans les deux exemples suivants, l'expression le dernier métro peut avoir deux sens. Distinguez ces deux sens à l'aide des concepts d'intension et d'extension: -( solution )-
a) [À la porte des stations de métro à Montréal] Le dernier métro part de Berri à 2h.00
b) [Sur le quai] - Il y a longtemps que vous attendez?
- Ouais... Le dernier métro qui est passé est passé vers 11h.30
Exercice6 Distinguez les deux emplois de carottes, en vous servant des concepts référentiel/non référentiel. Quel différence y a-t-il avec l'emploi en anglais?-( solution )-
a) Les carottes contiennent de la carotène / Carrots contain carotene
b) Les carottes sont cuites / The carrots are cooked
Question: Expliquez comment la distinction référentiel/non référentiel permet d'expliquer les différences dans l'emploi du présent et du passé composé en français et en anglais.
Question: Définissez monotone croissant (à droite ou à gauche, selon vos convistions politiques) en donnant un exemple de déterminant monotone croissant et d'un qui ne l'est pas.
Question: Distinguez déterminant fort et faible avec un exemple pour chacun.
Exercice1: [S'adressant au gendarme:] Monsieur le gendarme, j'aimerais me rendre à la tour Eiffel. Quel est l'acte illocutoire? Expliquez. Quel est l'acte perlocutoire? Expliquez.
Exercice2: Dans les exemples suivants, quels sont les actes illocutoires et perlocutoires (lorsqu'approprié) en cause. Justifiez (personne, temps).
Exercice3: Dans Seuls les étudiants sont pauvres, seuls s'accorde et n'est pas en position normale pour un adjectif. Serait-ce un déterminant? Pourquoi? Voir notes..
Exercice4: Quels sont les déterminants qui peuvent apparaître dans le contexte suivant? (Deux, la plupart des, des, quelques, tous, la plupart, chaque...). En vous servant des propriétés ci haut, formulez une règle caractérisant les déterminants acceptables dans ce contexte.
a) Par le train de 11h45, il est arrivé des, quelques, deux, plusieurs soldat(s).
Par le train de 11h45, il n' est arrivé aucun soldat.b) *Par le train de 11h45, il est arrivé tous les soldats, la plupart des soldats, chaque soldat
À part certain qui est marginalement acceptable en (a), les déterminants faibles sont à l'aise dans le contexte. Par contre, les forts sont exclus
Exercice5: Dans les deux exemples suivants, l'expression le dernier métro peut avoir deux sens. Distinguez ces deux sens à l'aide des concepts d'intension et d'extension:
a) [À la porte des stations de métro à Montréal] Le dernier métro part de Berri à 2h.00
b) [Sur le quai] - Il y a longtemps que vous attendez?
- Ouais... Le dernier métro qui est passé est passé vers 11h.30
En (a), il s'agit du dernier qui passe quel que soit la journée ou même le moment de la journée. Il s'agit de l'intension de le dernier métro, tel que décrit dans le règlement et qui se matérialise constamment à 2h du mat.
En (b), il suffit de changer de jour et d'heure et la référence variera. Il s'agit du dernier métro qui est passé à telle heure de la journée et qui est différent de celui qui passera tout à l'heur et qui devindra une autre réalisation du dernier métro. Au fait, qui a réalisé Le dernier métro?
Exercice6 Distinguez les deux emplois de carottes, en vous servant des concepts référentiel/non référentiel. Quel différence y a-t-il avec l'emploi en anglais?
a) Les carottes contiennent de la carotène / Carrots contain carotene
b) Les carottes sont cuites / The carrots are cooked
En (a), l'emploi est non référntiel (générique), on ne peut désigner des carottes particulières. Dans ce cas (emploi générique de la proposition), l'anglais n'utilisera pas de déterminant. En (b), il s'agit d'un emploi référentiel de la proposition: on aurait pu dire: Ces carottes sont cuites. Dans ce cas, en anglais, on doit utiliser le défini.