Les aspects phonétiques les plus répandus du français québécois 


http://www.ciral.ulaval.ca

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Ostiguy, L., C. Tousignant. 1993. Le français québécois, Montréal, Guérin.
(fes : français européen standard, robert 1996 cd-rom, fqs : français québécois standard, fq : non standard, ciral)

 

1. Affrication de / t / et de / d / 

Quand elles sont suivies par les voyelles fermées antérieures / i / et / y /, de même que par les semi-consonnes / j / et / ç /, les consonnes / t / et / d / s'affriquent en [ ts ] et [ dz ], c'est-à-dire qu'elle laissent entendre un petit bruit de friction

 

2. Relâchement des voyelles fermées 

Les voyelles / i y u / ont tendance à se relâcher, c'est-à-dire à s'ouvrir et à se centraliser (vers le centre du trapèze phonétique) légèrement, en syllabe entravée par une consonne non allongeante (c'est-à-dire une consonne autre que / Ò v z Z /) : ex :  vire => [v i Ò]. On utilise les symboles [ I Y U ] pour transcrire les voyelles fermées relâchées. Par contre, en syllabe non entravée, / i y u / gardent leur timbre fermé: vite=> [v I t], vie=> [v i].

 

 

 

3. Antériorisation de la voyelle nasale / A) /

La voyelle nasale postérieure [ A) ] en Fse est réalisée en français québécois comme une voyelle antérieure nasalisée [ a) ], parfois même légèrement fermée [ Q) ]. L'antériorisation de / A) / en [ a) ] est plus marquée en syllabe non entravée :

 

 

4. Désonorisation (dévoisement) des voyelles fermées 

Les voyelles / i  y  u / se désonorisent, et peuvent même disparaître, lorsqu'elles sont en contact avec des consonnes sourdes, c'est-à-dire qu'elles se prononcent sans vibration des cordes vocales :

 

 

5. Diphtongaison 

En français québécois, les voyelles longues sont souvent réalisées comme des diphtongues, c'est-à-dire des voyelles dont le timbre change en cours d'émission. Les voyelles intrinsèquement longues /AoOE)¿) ) a)/ peuvent se réaliser diphtonguées en syllabe entravée accentuée. Les voyelles brèves, /E a  ¿/ peuvent aussi se diphtonguer quand elles sont allongées par /Ò z/ en syllabe accentuée.

 

 

6. Réduction du groupe consonantique final

En finale de mot, les groupes de deux ou plusieurs consonnes se simplifient par la perte d'un ou de plusieurs éléments finals. La simplification des groupes de consonnes finales se produit dans pratiquement tous les contextes sauf dans les groupes:

-  liquide + consonne ( barbe, merle, golf, corne )
-  occlusive + fricativetaxe, éclipse )

 

 

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7. Fermeture du / A /

En syllabe non entravée, le / A / peut se fermer  en [  ]. Le phénomène peut aussi s'appliquer au [ A ] résultant de la postériorisation du / a /, i.e. [a]=>[A]=>[].

 

 

 

 

 

8. Postériorisation du / a /

La voyelle ouverte / a / a tendance à être réalisée comme un [ A ] postérieur lorsqu'elle se trouve en finale absolue ou en finale suivie d'une des deux consonnes allongeantes / z / ou / r /. La postériorisation est aussi possible devant / Z / et / v / dans certaines variétés du français québécois La réalisation d'une variante postérieure [ A ] a une influence sur l'apparition d'autres phénomènes dont notamment la fermeture du [ A ] en [  ] ou la diphtongaison. OT p.77.

 

 

9. Variantes de /w a/

La diphtongue /w a/ connaît plusieurs réalisations phonétiques en français québécois. Ces variantes sont tantôt conditionnées par l'environnement linguistique, tantôt liées à des items lexicaux particuliers : [w e, w E, w a, w A, w , w ai, w Ee, w Ei, e, E, ]. OT p.105.

 

 

10. Affaiblissement de / S / et de / Z /

Les consonnes / S / (ex : cheval) et / Z / (ex : Jean) peuvent parfois se relâcher jusqu'à ne faire entendre qu'un faible bruit de friction ( h ) ou même un simple souffle ( h ): 

 

 

 

 

 

11. Ouverture de / E / devant / r / + consonne

La voyelle / E / peut s'ouvrir en [ a ] ou [Q] en syllabe entravée par / Ò / suivi d'une consonne :

 

 

12. Ouverture de / E / en finale absolue

La voyelle / E / s'ouvre en [ Q ] et même en [ a ] dans certains cas extrêmes, lorsqu'elle est en syllabe finale non entravée.

 

 

13. Palatalisation de /t d/ et de / k g/

Ces occlusives non labiales ont tendance à se palataliser devant les voyelles antérieures non ouvertes ou devant les semi-voyelles antérieures. La palatalisation ressemble à l’affrication [ts]: la langue produit un bruit de friction en reculant vers le palais, [t] et [d] deviennent [tS], [dZ]. L'occlusive / g / peut également se palataliser en [ j ] à la finale de mot. Il s'agit là de la manifestation d'un phénomène plus général de centralisation articulatoire, les occlusives antérieures [t, d] tendant à se reculer alors que les postérieures [k, g] s'avancent.

 

 

Ostiguy et Tousignant

 

??e muet

fusion des voyelles

liaison

assimilation des consonnes

harmonisation des voyelles

 


 

 

Allongement conditionné 

Allongement acquis 

Antériorisation de / a / 

Antériorisation de /  / 

Antériorisation de / ø / 

Aspiration de l'occlusive sourde / p / 

Assimilation du trait nasal 

Bilabialisation de / f / 

Centralisation de /  / 

Chute de / f / final 

Chute de / r / 

Chute de / v / 

Chute de / v / devant / w / 

Désonorisation de / g / 

Désonorisation des semi-consonnes 

Dissimilation vocalique 

Effacement du schwa 

Épenthèse de / j / 

Fausse liaison 

Fermeture du / a / en [ E ] par hypercorrection 

Harmonisation vocalique 

Hésitation entre / l / et / n / 

Hésitation entre / l / et / r / 

 Métathèse de / r« / et de / l« / 

Palatalisation de / n / + / j / en [ ø ] 

Prononciation du / t / final 

Prononciation d'un / t / final non orthographique 

Réduction et syncope des voyelles fermées 

Relâchement des voyelles fermées devant / v z Z / 

Variantes de / r / 

Vélarisation de / ø /