COMMUNIQUÉ NO 1
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
LE FRANÇAIS, LANGUE COMMUNE, EST
D'USAGE COURANT AU QUÉBEC
DES PROGRÈS RESTENT CEPENDANT À FAIRE
À MONTRÉAL
Québec, le 26 août 1999. - L'usage du français comme langue
publique est d'usage courant au Québec. Toutefois, c'est à
Montréal, et particulièrement dans
l'Île-de-Montréal, que des progrès restent à faire.
Tel est le principal constat qui ressort de l'étude
réalisée par le Conseil de la langue française sur le
français, langue d'usage au Québec en 1997.
UN INDICATEUR DE LA LANGUE D'USAGE PUBLIC AU
QUÉBEC
Dans la Proposition de politique linguistique de 1996,
Le français
langue commune, la ministre responsable de la
Charte de la langue
française, madame Louise Beaudoin, demandait au Conseil de la langue
française, à l'Office de la langue française, au
Secrétariat à la politique linguistique et aux ministères
concernés, soit ceux de l'Éducation et des Relations avec les
citoyens et de l'Immigration, de créer un indicateur de la langue
d'usage public au Québec. Le Conseil rend aujourd'hui publics les
résultats de ce travail en collaboration avec ces ministères et
organismes.
LE FRANÇAIS, PRINCIPALE LANGUE PUBLIQUE DE 87
% DES QUÉBÉCOIS
Selon ces résultats, le français est la principale langue
publique de 87 % des Québécois, et l'anglais de 11 % d'entre eux.
L'usage public d'une langue tierce est exceptionnel, puisqu'il se situe autour
de 1 %. Dans la région métropolitaine de Montréal, 78 %
des Québécois utilisent le français comme principale
langue d'usage public, et 21 % l'anglais. Dans l'Île-de-Montréal,
71 % utilisent principalement le français, et 28 % l'anglais.
De façon détaillée et dans l'ensemble du Québec,
les Québécois déclarent utiliser le plus souvent le
français, et ce, dans les proportions suivantes :
- dans les centres commerciaux 89 %
- dans les petits commerces 89 %
- dans les banques 88 %
- avec les associations professionnelles 93 %
- avec les associations non professionnelles 79 %
- avec le personnel de l'administration scolaire 89 %
- avec le personnel des CLSC 93 %
- avec le personnel des hôpitaux 87 %
- avec leur médecin en clinique privée 86 %
- dans les formulaires gouvernementaux 88 %
- dans les communications verbales avec le gouvernement 89 %
De 7 % à 14 % des Québécois utilisent l'anglais dans ces
activités publiques et l'usage d'une langue tierce y est exceptionnel.
Par ailleurs, les Québécois qui passent 90 % et plus de leur
temps en français sont :
- 83 % à le faire, lors du magasinage;
- 70 % à le faire, au travail.
À MONTRÉAL, LES FRANCOPHONES VIVENT EN
FRANÇAIS
Dans la région métropolitaine de Montréal, 97 % de ceux
qui parlent le français à la maison utilisent principalement le
français dans leur vie publique, tandis que 91 % l'utilisent presque
exclusivement. De façon plus détaillée, la situation de
l'utilisation du français par les francophones (langue parlée
à la maison) se décrit ainsi :
- dans les centres commerciaux 98 %
- dans les petits commerces 97 %
- dans les banques 99 %
- avec les associations professionnelles 97 %
- avec les associations non professionnelles 88 %
- avec le personnel de l'administration scolaire 98 %
- avec le personnel des CLSC 100 %
- avec le personnel des hôpitaux 96 %
- avec leur médecin en clinique privée 97 %
- dans les formulaires gouvernementaux 99 %
- dans les communications verbales avec le gouvernement 99 %
Au travail, ils sont 69 % à utiliser le français dans 90 % et
plus de leur temps de travail, alors que 91 % utilisent le français de
façon prédominante, soit entre 60 % et 100 %.
Nous pouvons donc affirmer que les francophones vivent en français
à Montréal. Par ailleurs, on note que c'est principalement au
travail qu'ils utilisent le moins le français et que des progrès
restent à faire.
UNE CONFIRMATION DES RÉSULTATS GLOBAUX DU
BILAN DE 1996
Ces résultats globaux viennent confirmer les constats faits en 1996 lors
du Bilan de 1996 réalisé par le Comité
interministériel sur la situation de la langue française. Au
moment de la présentation de ce dernier, la présidente du
comité déclarait : « Depuis le début des
années 70, le français a fait des gains importants dans presque
tous les domaines, particulièrement chez les francophones (de langue
d'usage à la maison). On constate, dans l'ensemble du Québec, une
nette progression vers la généralisation de l'usage du
français. Par ailleurs, c'est dans les bassins de population à
forte concurrence linguistique, particulièrement à
Montréal, que les principaux progrès restent à faire. En
résumé, on peut affirmer que les droits linguistiques (droits des
travailleurs et des consommateurs) sont généralement
respectés en dehors de Montréal. À Montréal, par
ailleurs, les droits des travailleurs et des consommateurs ne sont pas toujours
respectés. Cependant, les progrès réalisés
permettent dorénavant à la majorité francophone d'assumer
pleinement et sereinement sa position majoritaire. »
LA MÉTHODOLOGIE
La population visée par l'enquête réalisée par le
Conseil de la langue française est celle du Québec,
âgée de 18 ans et plus, née au Québec ou
immigrée avant 1995. L'échantillon est un échantillon
aléatoire : 14 206 personnes ont répondu au questionnaire qui
sert de base aux analyses présentées dans ce rapport. Le sondage
a été réalisé entre le 10 mars et le 16 mai 1997
par le Groupe Léger & Léger.
- 30 -
SOURCE : Conseil de la langue française
COMMUNIQUÉ NO 2
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
LES ALLOPHONES ADOPTENT MAJORITAIREMENT LE
FRANÇAIS
COMME LANGUE DE VIE PUBLIQUE
Québec, le 26 août 1999. - Les résultats de l'étude
réalisée par le Conseil de la langue française sur le
français langue d'usage public au Québec en 1997 indiquent
clairement que les allophones choisissent majoritairement le français
comme langue de vie publique.
L'adoption d'une langue d'usage à la maison autre que la langue
maternelle est appelée transfert linguistique. Si les transferts
linguistiques au Québec se sont faits en faveur de l'anglais, le choix
du français comme langue de vie publique au Québec est, quant
à lui, favorable au français et témoigne clairement d'un
changement dans l'orientation linguistique des allophones.
Ainsi, lorsqu'on prend en considération la langue d'usage à la
maison, telle que définie par Statistique Canada, il appert que
l'anglais a été la langue privilégiée par les
allophones. Pour 100 allophones de la région métropolitaine de
Montréal qui ont choisi de parler le français à la maison,
180 ont adopté l'anglais, soit un taux de transfert linguistique vers
l'anglais de 1,8. Rappelons que 36 % des allophones effectuent un tel
transfert.
Par contre, lorsqu'on tient compte de la langue d'usage public, les allophones
choisissent majoritairement le français. Ainsi, dans la région
métropolitaine de Montréal, pour 100
allophones de langue
maternelle qui choisissent l'anglais, 120 adoptent le français, soit
un taux d'adoption du français de 1,2. Les
allophones de langue
d'usage à la maison, quant à eux, adoptent le français
dans un rapport de 1,4.
QUE NOUS APPRENNENT CES RÉSULTATS ?
Certains constats se dégagent lorsqu'on utilise la variable de langue
d'usage à la maison de Statistique Canada. Ainsi :
- on ne prend en compte que les comportements de 36 % des allophones,
évacuant ainsi les comportements de 64 % d'entre eux qui conservent leur
langue d'origine à la maison;
- on mesure davantage les comportements des anciens groupes d'immigration.
En effet, les transferts linguistiques s'effectuent au cours d'une, deux, voire
trois générations. De ce fait, on mesure donc principalement les
changements de langue qui se font chez les personnes d'immigration ancienne. Il
est intéressant d'ajouter que lorsqu'on analyse les transferts
linguistiques chez les immigrants d'arrivée récente, soit
après 1970, on s'aperçoit que ceux-ci sont favorables au
français;
- on s'inscrit dans une perspective sociopolitique d'assimilation, ce qui
n'est pas la perspective de la politique linguistique québécoise
qui fait clairement la distinction entre la langue de vie privée, celle
utilisée à la maison, et la langue de vie publique, celle du
travail, de la consommation, de services d'institutions privées ou
publiques.
En outre, lorsqu'on utilise la variable
langue d'usage public :
- on prend en compte les comportements de 95 % des allophones;
- on mesure les changements de langue récents, et on observe
qu'après leur arrivée, sauf exceptions, les immigrants adoptent
rapidement une langue d'usage public qui leur permettra de participer et de
s'intégrer à la vie collective québécoise;
- on évalue l'atteinte de l'objectif premier de la politique
linguistique : faire du français, langue officielle, la langue commune
de la vie publique du Québec.
LES RÉSULTATS DÉTAILLÉS
Dans la région métropolitaine de Montréal, les allophones
(langue d'usage à la maison) déclarent, dans les proportions
suivantes, utiliser le plus souvent le français, le français et
l'anglais, et le plus souvent l'anglais :
|
|
Français
|
Français et anglais
|
Anglais
|
| - dans les centres commerciaux
|
58 %
|
3 %
|
36 %
|
| - dans les petits commerces
|
53 %
|
3 %
|
33 %
|
| - dans les banques
|
56 %
|
2 %
|
36 %
|
| - avec les associations professionnelles
|
68 %
|
3 %
|
28 %
|
| - avec les associations non professionnelles
|
19 %
|
3 %
|
21 %
|
| - avec le personnel de l'administration scolaire
|
68 %
|
3 %
|
26 %
|
| - avec le personnel des CLSC
|
65 %
|
1 %
|
30 %
|
| - avec le personnel des hôpitaux
|
53 %
|
3 %
|
41 %
|
| - avec leur médecin en clinique privée
|
42 %
|
1 %
|
38 %
|
| - dans les formulaires gouvernementaux
|
61 %
|
3 %
|
35 %
|
| - dans les communications verbales avec le gouvernement
|
55 %
|
2 %
|
36 %
|
De plus, l'indicateur d'usage public du français révèle
également que :
- dans la région métropolitaine, 81 % des immigrants
d'influence latine (les ressortissants de pays membres de la francophonie
internationale et de ceux de langue maternelle latine) utilisent principalement
le français en public, alors que les autres immigrants utilisent
principalement l'anglais dans 78 % des cas.
Ces résultats montrent clairement que les allophones et les immigrants
adoptent de façon majoritaire le français comme langue d'usage
public. « Ils viennent confirmer la pertinence de la politique visant
à favoriser les immigrants connaissant le français à leur
arrivée, de déclarer la présidente du Conseil de la langue
française, madame Nadia Brédimas-Assimopoulos, et confortent les
politiques du ministère des Relations avec les citoyens et de
l'Immigration quant à la francisation des immigrants. »
- 30 -
SOURCE : Conseil de la langue française
COMMUNIQUÉ NO 3
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
UNE ATTENTION SOUTENUE DOIT ÊTRE
APPORTÉE À LA LANGUE DE
TRAVAIL ET À LA SITUATION DE MONTRÉAL
Québec, le 26 août 1999. - Les résultats de l'indice du
français, langue d'usage public au Québec en 1997, montrent que
l'usage du français au travail est le plus faible de toutes les
activités publiques des Québécois et mettent en
évidence l'importance de l'usage du français et de l'anglais dans
la vie publique au Québec.
Au travail, 70 % des Québécois utilisent presque exclusivement le
français, soit 90 % et plus du temps de travail, et 85 % utilisent
principalement le français, soit 60 % et plus du temps de travail.
À Montréal, ces pourcentages baissent respectivement à 54
% et 75 %.
Les francophones (langue parlée à la maison) de la région
métropolitaine utilisent dans une proportion de 69 % presque
exclusivement le français, soit 90 % et plus du temps de travail, et
dans une proportion de 91 % principalement le français, soit 60 % et
plus du temps de travail. Les anglophones (langue parlée à la
maison) sont dans cette situation dans une proportion de 9 % et 24 %
respectivement, tandis que chez les allophones (langue parlée à
la maison) ces pourcentages atteignent respectivement 24 % et 44 %.
Ces résultats viennent appuyer les analyses du Bilan de 1996 qui nous
apprend que : « Tout se passe comme si cette première phase de la
francisation (celle des milieux francophones) s'était terminée
vers la fin des années 70, avec une augmentation assez spectaculaire du
nombre de travailleurs de langue maternelle française et de l'usage du
français au travail. Depuis ce temps, la deuxième phase est en
cours, plus difficile, plus laborieuse et plus complexe : celle d'amener des
milieux de travail jusqu'ici largement dominés par l'anglais et
linguistiquement hétérogènes à adopter, de
façon normale et habituelle, le français comme langue de travail.
»
Cependant, il est important de rappeler que chez les anglophones, et surtout
les allophones, le français a fait des gains importants depuis les
années 70, puisque l'unilinguisme anglais a fortement
régressé au profit de l'usage alternatif de l'une ou l'autre
langue.
LE CONSEIL POURSUIVRA SON ANALYSE
Le Conseil va approfondir cette question dans les mois qui viennent en
poursuivant les analyses détaillées sur la langue de travail. Le
contexte de l'intensification des échanges internationaux, de la
mondialisation des marchés et de la pénétration des
nouvelles technologies, ainsi que la situation prévalant dans les
petites et moyennes entreprises, obligent à tenir compte de l'impact des
communications externes et internes au Québec sur la langue de travail.
« Ces analyses périodiques permettront alors de définir plus
précisément ce que signifie
travailler en français
dans ce nouveau contexte », de déclarer la présidente du
Conseil, madame Nadia Brédimas-Assimopoulos.
IMPORTANCE DE L'USAGE DU FRANÇAIS ET DE
L'ANGLAIS, PARTICULIÈREMENT DANS L'ÎLE-DE-MONTRÉAL
Le pourcentage de Québécois qui utilisent à la fois le
français et l'anglais comme langue d'usage public est important. Il se
situe en effet à 8 % dans l'ensemble du Québec, à 14 %
dans la région métropolitaine de Montréal et, enfin,
à 17 % dans l'Île-de-Montréal.
L'usage des deux langues au travail, pour les catégories d'usage du
français variant entre 40 % et 59 % du temps de travail, est important
chez tous les groupes linguistiques. Il est par ailleurs plus important chez
les anglophones (langue parlée à la maison) et les allophones
(langue parlée à la maison), chez qui il se situe respectivement
à 18 % et à 16 %, alors que chez les francophones (langue
parlée à la maison), il est de 6 %.
Pour ce qui est des activités autres que celle de travail, il faut y
voir à la fois l'effet de la possibilité de se faire servir dans
les deux langues, mais aussi l'évolution naturelle de l'usage unilingue
de l'anglais vers un usage du français. L'évolution de cet usage
alternatif de l'une ou l'autre langue sera à surveiller dans le temps.
« L'importance de l'usage du français et de l'anglais chez les
anglophones et les allophones (langue d'usage à la maison) s'inscrit
dans la tendance à la diminution de l'unilinguisme anglais et à
l'accroissement de l'usage du français observé depuis le
début des années 70 dans d'autres études. Chez ceux qui
parlent le français, il est le reflet du fait que des francophones
travaillent dans des milieux linguistiquement hétérogènes
et des effets de l'importance des communications externes au Québec et
de la mondialisation de l'information », a conclu la présidente du
Conseil de la langue française, madame Nadia Brédimas-Assimoulos.
- 30 -
SOURCE : Conseil de la langue française
COMMUNIQUÉ NO 4
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
L'INDICE DU FRANÇAIS, LANGUE D'USAGE
PUBLIC, EST UNE
CONCRÉTISATION DE L'ORIENTATION CIVIQUE
DE LA POLITIQUE LINGUISTIQUE
Québec, le 26 août 1999. - En 1996, dans son mémoire
présenté à la Commission parlementaire étudiant le
projet de loi 40, le Conseil de la langue française déclarait
que, à la suite des constats faits par le Comité
interministériel sur la situation de la langue française, il
fallait « inaugurer une nouvelle phase de la politique linguistique au
Québec, dont l'essentiel sera la concrétisation du statut du
français comme la langue commune de tous les Québécois et
de toutes les Québécoises. Dans cette nouvelle phase, il faudra
insister sur le fait que la maîtrise de la langue commune est
nécessaire pour exercer pleinement son rôle de citoyen, pour
assurer la cohésion sociale et le bon fonctionnement de la
société. Par conséquent, il faut adopter une approche
inclusive montrant bien que le français est l'affaire de tous les
Québécois, peu importe leur origine, leur langue maternelle ou
leur langue d'usage à la maison ».
CONCEVOIR UN INDICATEUR DU FRANÇAIS, LANGUE
D'USAGE PUBLIC
À la demande de la ministre responsable de la Charte de la langue
française, madame Louise Beaudoin, le Conseil s'engageait aussi à
créer avec les organismes et ministères concernés, un
indicateur du français, langue d'usage public.
En raison de ses particularités, le nouvel indice d'usage public du
français permet entre autres :
- d'évaluer jusqu'à quel point le français est devenu
la langue usuelle du Québec, objectif premier de la politique
linguistique québécoise;
- de mesurer le dynamisme du français face à l'anglais dans
cette situation de concurrence;
- de mettre en relief la double signification du terme francophone, soit le
sens que lui donne Statistique Canada (les personnes qui parlent le plus
souvent le français à la maison) et le sens courant (les
personnes qui utilisent habituellement le français dans leurs
activités, indépendamment de la langue parlée à la
maison), ce qui permet une meilleure évaluation du nombre de personnes
que l'on peut compter comme étant de langue française;
- de réconcilier la persistance d'une langue maternelle d'origine,
comme langue d'usage à la maison, avec le fait qu'un citoyen utilise
généralement le français dans sa vie publique, signe
d'adhésion à une société où le
français est la langue commune. Le recensement réalisé par
Statistique Canada ne permet pas de compter ce citoyen comme francophone;
- de s'inscrire clairement dans une conception d'intégration
fonctionnelle des immigrants;
- de faire clairement la distinction entre vie privée et publique,
conformément à l'esprit de la Charte de la langue
française et de la Charte des droits et libertés de la personne;
- de s'inscrire dans une perspective civique du fonctionnement de la
société et de l'intégration des immigrants. Par ailleurs,
il est important de noter le constat fait par l'Office fédéral de
la statistique de Berne, en 1997, dans Le paysage linguistique de la Suisse,
à l'effet que « le maintien de la langue d'origine ne semble pas
faire obstacle à une intégration réussie dans la
région d'accueil ».
« En rendant publics les résultats de son travail, le Conseil
remplit le mandat qui lui a été confié. Il
concrétise et opérationnalise l'orientation civique de la
deuxième phase de la politique linguistique dans laquelle il demandait
d'entrer. Il concilie la promotion d'une langue officielle et commune avec le
respect de la vie privée et la prise en compte de la pluralité,
tout en reconnaissant aux anglophones les privilèges historiques
démocratiquement établis », de préciser la
présidente du Conseil de la langue française, madame Nadia
Brédimas-Assimopoulos.
- 30 -
SOURCE : Conseil de la langue française
COMMUNIQUÉ NO 5
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
L'INDICE DU FRANÇAIS LANGUE D'USAGE
PUBLIC ÉVALUE L'IMPACT DE LA
POLITIQUE LINGUISTIQUE ET PERMET,
AVEC L'INDICATEUR DE LA LANGUE D'USAGE À LA MAISON,
DE FAIRE UNE ANALYSE SOCIOLINGUISTIQUE GLOBALE
Québec, le 26 août 1999. - L'indice du français langue
d'usage évalue l'impact de la politique linguistique et permet, avec
l'indicateur de la langue d'usage à la maison de faire une analyse
sociolinguistique globale. Tel est l'un des constats que l'on peut tirer de
l'étude rendue publique aujourd'hui par le Conseil de la langue
française.
UN INDICE CONGRUENT AUX OBJECTIFS DE LA POLITIQUE
LINGUISTIQUE
L'orientation de la politique linguistique a toujours été
très claire. Le préambule de la
Charte de la langue
française précise en effet que l'objectif est de faire du
français la langue normale et habituelle du travail, de l'enseignement,
des communications, du commerce et des affaires. La politique linguistique a
toujours été centrée sur la place du français dans
les situations publiques de communication.
En outre, la politique d'immigration en matière linguistique est une
politique d'intégration et non d'assimilation. En d'autres mots, la
politique linguistique n'intervient pas dans le domaine de la vie privée
des citoyens, notamment dans le choix personnel d'une langue à la
maison. De ce fait, l'indicateur de la langue d'usage à la maison, qui
concerne la vie privée des Québécois, mesure seulement des
effets indirects, et ne se révèle donc pas adéquat pour
évaluer la politique linguistique.
UN INDICE QUI DÉCRIT BIEN LA
RÉALITÉ DE L'USAGE DES LANGUES DANS LE FONCTIONNEMENT DE LA
SOCIÉTÉ
Par ailleurs, dans l'ensemble du Québec, 82 % des
Québécois sont de langue maternelle française, 83 %
parlent le français à la maison et 87 % utilisent le
français dans leur vie publique. Dans la région
métropolitaine de Montréal, 68 % sont de langue maternelle
française, 70 % parlent le français à la maison, tandis
que 78 % utilisent le français comme langue de vie publique. Dans
l'Île-de-Montréal, les résultats sont les suivants : 57 %,
59 % et 71 %.
Comme on l'observe, l'utilisation du français comme langue de vie
publique est toujours plus élevée que l'usage du français
à la maison. Cette différence dans les résultats tient
principalement au fait que l'adoption d'une langue de vie publique doit
être faite rapidement si l'on souhaite participer pleinement à la
vie collective, et surtout travailler. Le choix d'une langue de vie à la
maison autre que la langue maternelle, s'il se produit, s'effectuera, en
règle générale, après une, deux, voire trois
générations.
Ainsi, au moment de l'enquête, 95 % des allophones avaient adopté
une langue d'usage public, alors que seulement 36 % d'entre eux avaient
effectué un transfert linguistique, c'est-à-dire utilisaient une
autre langue à la maison que leur langue maternelle. De plus, les
données du recensement montrent que seulement 18 % des immigrants
arrivés au Québec depuis au plus cinq ans avaient fait un
transfert linguistique, alors que 38 % des immigrants arrivés depuis
plus de vingt ans étaient dans ce cas.
Il y a donc un délai important entre l'adoption d'une langue d'usage
public et le choix d'une langue d'usage à la maison. Par ailleurs, le
maintien de l'usage de la langue d'origine à la maison n'empêche
pas les immigrants de participer à la vie collective dans une autre
langue, ce qui a déjà été constaté dans le
paysage linguistique de la Suisse par l'Office fédéral de la
statistique de Berne, en 1997.
De ce fait, l'indice du français langue d'usage public prend davantage
en considération les phénomènes récents et tient
compte de la presque totalité de la population de 18 ans et plus. Il
décrit bien la réalité de l'usage des langues dans le
fonctionnement des institutions de la société.
UN INDICE QUI, AVEC L'INDICATEUR DE LA LANGUE
D'USAGE À LA MAISON, PERMET DE FAIRE UNE ANALYSE SOCIOLINGUISTIQUE
GLOBALE
Dans une analyse sociolinguistique globale cependant, il est intéressant
de mettre en perspective la langue maternelle, la langue d'usage à la
maison et la langue d'usage public. En effet, les résultats de
l'enquête montrent que quasiment tous les francophones de langue
maternelle utilisent le français comme langue de vie publique. Il en est
de même pour les personnes qui ont choisi le français comme langue
d'usage à la maison. D'autre part, en ce qui a trait aux personnes qui
ont une langue maternelle autre que le français ou l'anglais, il est
très probable que le choix d'une langue de vie publique
déterminera, à long terme, le choix d'une langue à la
maison.
Cette mise en perspective met donc en évidence les relations entre
l'indicateur langue d'usage à la maison et l'indice du français
langue d'usage public. Elle montre la pertinence de cet indice, le
bien-fondé de l'orientation de la politique québécoise
visant à faire du français la langue publique commune à
toutes les personnes qui résident sur le territoire du Québec, de
même que la nécessité de maintenir le cadre
législatif actuel.
- 30 -
SOURCE : Conseil de la langue française