VARIÉTÉ LINGUISTIQUE ET LANGUE:

Dans la section précédente, nous avons vu qu'en ce qui concerne l'origine du langage, la tendance actuelle des chercheurs est de mettre davantage l'emphase sur l'importance sociale du langage (plutôt que sur le rapport langue et pensée). T.Deacon soulignait que le langage est devenu nécessaire au moment où il a fallu établir un pacte social permettant la division des tâches: pour que le mâle humain accepte de devenir pourvoyeur-chasseur et que la femme accepte de se consacrer à l'éducation des enfants, il fallait une établir une confiance réciproque qui n'a pu se faire sans langage.

Dans la présente section, nous creuserons davantage ce rapport étroit entre la langue et la société en abordant les thèmes suivants: la variation linguistique, les variétés standards et non standards, une définition sociolinguistique de la langue. Dans la section suivante, nous poursuivrons ce fil de pensée avec la langue et l'état et les pressions pour la normalisation linguistique.


1.La variation linguistique
2. Les types de variétés.
3. La variété standard et la langue.
4. La norme linguistique du français québécois.

La variation linguistique: Imaginons la situation suivante: vous travaillez pour une agence de publicité et vous devez décider de la forme que prendra le texte d'un commercial pour une bière distribuée dans l'est du pays. Histoire de vous rapprocher du peuple et de voir comment les gens causent dans cette région, vous partez avec votre magnétophone (Voir Le français en affaires site original / version réduite: ). Vous vous retrouvez au Nouveau-Brunswick et, un moment perdu, vous interrogez les passants. Vous tombez sur un quidam de la place puis sur deux touristes :


1. Well, t'es en acadien, icitte !(couleur locale acadienne, a postérieur et pas d'affrication)
2. S'lut man! T'es t'en [ækædzi:] !(touriste montréalais, æ est entre a et è)
3. Mais, vous êtes en [akadi] ! (touriste français)

Plus loin, vous enregistrez les passages suivants:


1. Chu v'nu avec mon acadien (Ronald Leduc, Montréal, diphtongue aè très longue)
2. Chu v'nu avec mon pére (Gérard Tremblay, St-Prime, un é bref)
3. Je suis venu ave (Gérard Pagnol, Marseille, pensez à Manon-des-sources)

Vous faites donc face au problème suivant: laquelle de ces formes représentera la langue pour vous, laquelle allez-vous choisir pour votre commercial? De votre point de vue d'agent(e) de publicité, la question est importante: dans les années 70, (fait réel) un commercial de Labatt introduisait les expressions populaires en publicité et lançait Donne-z-y la claque! Le commercial souleva un certain émoi. S'il avait été diffusé dans les années 50 ou 60, on aurait mis le cadenas sur la chaîne (!!) de télévision. A cette époque, on n'aurait pas accepté facilement qu'une expression populaire soit diffusée dans les médias; et même en 1970, le commercial Labatt avait suscité des lettres de condamnation dans les journaux.

En tant qu'agent(e) de publicité, vous devez tenir compte des attitudes linguistiques face aux différentes formes linguistiques: si vous choisissez le style français pour votre commercial, on pourrait le rejeter (encore les maudits français!). De même peut-être pour le style montréalais (encore Montréal!). Quant au style local, tout dépend de la façon dont les gens de la région perçoivent leur façon de parler: ils peuvent très bien dévaloriser leur façon de parler (comme les québécois dans les années 60, comme on le verra plus loin).

Nous appellerons variétés linguistiques les formes de langage apparentées qui différent par un certain nombre (arbitraire) de propriétés phonologiques, lexicales ou (plus rarement) syntaxiques. Le terme arbitraire signifie qu'il y a des degrés de parenté entre les variétés linguistiques. L'analyse de la variation des formes linguistiques en fonction des facteurs sociaux est appelée analyse variationniste (cf.: William Labov). Creusons la chose!

Première constatation: il n'y a pas une entité homogène et monolithique qui corresponde à LA langue (québécoise, française ou autre) . En fait, comme première approximation, la langue est un ensemble de variétés. Cette distinction se prolonge dans l'opposition que font plusieurs auteurs sociolinguistes entre la linguistique saussurienne ou chomskyenne, qui étudie LA langue, une abstraction irréelle selon eux, et la sociolinguistique qui étudie la réalité linguistique telle qu'elle est, la variation dialectale, à l'aide de règles variables (statistiques).

Règle variable : Facteur linguistique + géographie + âge + classe sociale + sexe=forme linguistique réalisée
Ex : è + r, Montréal, avocat, femme, 50 ans=> è (probabilité 60%)
Pourquoi y a-t-il variation? Précisons que les deux aspects susceptibles de varier le plus sont la prononciation (la phonétique) et le vocabulaire.
Les phonèmes varient parce qu'on ne place jamais les organes articulatoires (langue, lèvres…) systématiquement de la même façon. Un son comme /o/ doit être vu comme une cible autour de laquelle se répartissent différentes réalisations du /o/. Certaines prononciations apparaîtront plus ou moins prestigieuses et seront reprises par certains groupes sociaux comme marque d'identité.
Le vocabulaire varie parce que les langues ne sont pas précises et exactes, contrairement à ce que croient plusieurs personnes. Les langages de programmation sont précis et immuables mais personne ne s'en servirait dans la vie quotidienne. Pour fonctionner comme moyen de communication humain, la langue (le lexique) doit pouvoir être flexible (permettre l'extension métaphorique) et sous-déterminée parce que la langue est faite pour s'adapter à des situations nouvelles. Ainsi, dans les années 70, l'emploi de l'expression « naviguer sur Internet » aurait été mise sur le compte de l'ingestion de substances hallucinogènes. Par contre, en 1990, des termes comme « site » ou « naviguer » ont pris par analogie (par extension métaphorique) un sens qu'ils n'avaient pas il y a dix ou vingt ans. Une grande partie du lexique repose sur l'extension métaphorique (caresser un projet, frapper l'imagination...).
Par ailleurs, certains mots (nombreux) ont, soit une couleur émotive, signifiant beaucoup / peu ou bon / mauvais. Ces mots, de par leur fonction, s'usent vite et doivent se renouveler constamment pour exprimer l'intensité, d'où la multitude de mots du type : capotant, buzzant, freaquant, grave, hot… Là aussi, des groupes sociaux s'emparent de certains mots. Si vous oeuvrez dans la fonction publique, par exemple, il est de bon aloi d'émailler votre discours d'expressions comme guichet unique, bonifier, tabler sur, cibler une clientèle, jalonner un projet de quelques pistes, ficeler ou arrimer un dossier, prévoir des passerelles vers le multimédia, les TIC et NTIC... À ces tics, on vous reconnaîtra comme un membre du groupe.

Les types de variétés: Poursuivons notre aventure. Vous avez été mis à la porte de l'agence de publicité (vous avez choisi la mauvaise variété linguistique). Vous vous êtes maintenant recyclé en orthophonie ou en orthopédagogie (ce qui suit relate un fait vécu par une amie orthophoniste dans la région). Vous devez rééduquer un enfant qui a un gros retard de langage: il a 6 ans, il commence l'école et parle comme un enfant de 3 ans. L'enfant dit, entre autres, sèsseuze « sécheuse » (confusion s dentale/ ch palatale). Vous entreprenez sa rééducation. Puis un jour, le père assiste à la rééducation. L'enfant dit sèsseuze et le père, de reprendre : « Aïe! j't'ai dit: pas sèsseuze, chèsseuze ! Allez-vous rééduquer le père... et toute la famille qui parle de cette façon ! Il y a donc différents types de variétés (ou de -lectes). Lorsque la variété est propre à une seule personne, on parle d'idiolecte (votre timbre de voix, le «  langage » des jumeaux identiques, des schizophrènes, d'enfants sauvages comme Nell… Lorsque la variété est propre à une région géographique, on parle de variation dialectale ou dialecte, régionalisme et, rarement, de patois (rime avec putois). Dans l'exemple précédent, chèsseuze est une forme dialectale (rare à Montréal, par exemple).

Une autre forme de variété est liée non à une région mais à un groupe social: on parle dans ce cas de sociolecte. Ainsi, si vous étudiez la distribution de la forme [ækædzi] dans la région de Montréal, vous pourriez trouver quelque chose comme 95% chez les sujets ayant un degré de scolarité primaire et 45% chez les sujets ayant un degré de scolarité universitaire. L'emploi de la forme est dans ce cas, non pas corrélé à une région mais à un groupe social. Outre la classe sociale, les facteurs sociaux importants sont l'âge (cf. les rappeurs français dans La haine), le sexe et l'appartenance ethnique. Deux termes reliés : pidgin (ou sabir) qui désigne un langage artificiel très réduit pour communiquer entre deux groupes de langues différentes (ex : le Taj boj au Vietnam des années 40-50) et créole, qui désigne un pidgin complexe devenu une langue maternelle.

À propos des variétés et de la variation linguistique. Les chercheurs qui étudient les productions linguistiques - linguistes sociolinguistes psychologues sociaux du langage anthropologues ou ethnographes de la communication -, s'accordent pour reconnaître qu'il existe, au sein de toute communauté linguistique, de multiples variétés, parmi lesquelles on distingue trois types principaux : des variétés régionales (régiolectes), sociales (sociolectes) et individuelles (idiolectes).
Des variétés régionales: le français parlé en Belgique, par exemple, diffère par plusieurs aspects (accent, prosodie, phonétique, mais aussi lexique et morphosyntaxe) du français parlé à Paris, à Rennes ou à Marseille. A l'intérieur de ce français de Belgique, le français parlé à Liège se distingue à son tour du français parlé à Bruxelles ou à Mons: les accents sont différents, certains Montois roulent les r, la plupart des Liégeois diront chique, là où les Bruxellois diront boule, etc.
Des variétés sociales: l'observation courante nous l'enseigne, les individus ne parlent pas de la même façon suivant leur classe sociale, à tel point que l'on détermine souvent la position sociale d'un interlocuteur sur la base de son langage. Des études systématiques (Bernstein,1971, 1975; Labov, 1976; Bourdieu, 1982) ont, par ailleurs, affiné ces constatations communes: il y apparaît notamment que les locuteurs petits bourgeois se distinguent des locuteurs issus de la classe ouvrière et des grands bourgeois, par un respect sourcilleux les formes réputées correctes.
Enfin, des variétés individuelles, chaque individu en fonction de ses caractéristiques physiologiques, de son histoire personnelle, s'exprime d'une façon particulière, avec un timbre de voix plus ou moins grave. Tel individu, pour exprimer son ennui et son énervement face à une situation, dira "X m'a énervé", un autre X m'a échauffé ", un autre encore " X m'a cassé les pieds "… ( D. Lafontaine, Le parti pris des mots) [eh, Dominique! Tu m'les gonfles!]

Certaines personnes, effrayées par la variation linguistique, utiliseront les termes dialecte, créole, jargon, joual... avec une intention péjorative pour condamner toute forme non standard. Au sujet du jugement du linguiste, voir l'entrevue de Martyn Back, lexicographe chez Robert.

Un continuum de variétés: Si la langue est comme on l'a dit précédemment un ensemble de variétés dialectales ou sociologiques, on peut se demander quand un ensemble de variétés forme une langue. Où tracera-t-on la ligne? De façon candide mais crue, cela revient à se demander, par exemple, si un dialecte acadien donné est du français. Par exemple le texte (A) est-il français? Ou encore, le texte cajun (B)?

A) I'avait une s'maine, j'croyons bin, qui trav'lait. Le monde le veillait. I'aribé chu nous l'avant-midi. I'a dit saouèresi qu'y'avait pas d'mazon, pou faire plâtreux, en-d'dans. (V.Lucci, Phonologie de l'Acadien) Viola Leger en mp3 (baissez le volume).
B) M'apé brailler, m'apé veiller. Oh, nèg, mo lasse, mo lasse n'homme-là, li s'en allé. Mo nèg, ayousse to gone? Jamais m'a voit toi encore. Salé, to fo mo ça. Corfé to quitté moi. (Debby Clifton, Cris sur le Bayou, p.73)
Cajun
Maman et papa restaient sur la grande île Maman is wearing a garde-soleil Gris-gris, merde de chat, quand tu vas êt' marié, ça va êt' passé Ah, mais c'est une radote, well. On va [pâtches] la pierre.

Que penser de «Maman is wearing a garde-soleil» ?

Si, d'une part, vous considérez que l'acadien n'est pas du français (ou du québécois), je vous ferai remarquer qu'aux Iles de la Madeleine (donc au Québec), on parle avec un accent semblable; et si vous excluez le dialecte des Iles, je vous ferai remarquer qu'à Gaspé, on parle un peu comme aux Iles de la Madeleine et ainsi de suite jusqu'à Québec ou Montréal. Si, au contraire, vous considérez que c'est du français, alors à la limite pourquoi ne considère-t-on pas l'italien, si proche du français, comme du français?

Ces exemples illustrent le fait qu'il n'y a pas de limite nette entre les variétés dialectales et sociologiques: il n'y a qu'un continuum de variétés. Du point de vue technique, une variété dialectale ou sociologique est un ensemble de traits phonétiques, lexicaux ou sémantiques statistiquement corrélés à des facteurs géographiques ou sociaux. On dira, par exemple, que si vous vous trouvez dans une brasserie dans tel quartier de Gaspé, vous avez 40% de chances d'entendre telle forme plutôt que telle autre.

Lorsque les divergences structurales (lexicales et phonétiques surtout) sont trop importantes, l'intercompréhension entre les locuteurs de deux variétés s'en trouve compromise.

Jusqu'à présent, on n'a pas encore défini précisément ce qu'est une langue.

La variété standard et la langue, une réalité politique:

Le sociolinguiste Trudgill rapporte qu'à la frontière entre la Hollande et l'Allemagne, certains dialectes hollandais ressemblent plus aux dialectes allemands frontaliers que certains dialectes allemands entre eux: les hollandais et les allemands frontaliers se comprennent mieux que les allemands suisses et autrichiens. Si les critères pour déterminer les limites d'une langue étaient strictement linguistiques, basée sur l'intercompréhension (il faudrait vérifier si les acadiens et les cajuns se comprennent mutuellement) ou la parenté historique et structurale (le cajun provient de l'acadien et en conserve des traits phonétiques et lexicales), alors on devrait dire que le hollandais et l'allemand frontalier forment une langue.

En se fondant sur le critère de l'intercompréhension, on aboutirait aux résultats suivants: certains films québécois à l'accent très marqué sont sous-titrés, en France: ce ne serait donc plus du français. Certains monologues de La Sagouine ne sont pas compris de la prmière fois au Québec (imaginez en France!): ce ne serait donc plus du français.

Pourtant, lorsque vous leur demandez quelle langue ils parlent, les hollandais vous répondront sans hésiter qu'ils parlent le hollandais, et les allemands de Hambourg répondront qu'ils parlent allemand. La solution à ce dilemne nous amène à la notion de variété standard.

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Ce problème est central car les linguistes, lorsqu'ils veulent définir une communauté linguistique, ne retiennent de ce syntagme que le deuxième terme, l'adjectif, comme si dans communauté linguistique il n'y avait que langue, oubliant qu'il y a aussi communauté. Ainsi, dans les extraits cités plus haut, le problème de Martinet, quoi qu'il en paraisse, n'est pas de définir la communauté linguistique mais bien la langue il se demande à partir de quand on peut dire qu'une forme et une autre n'appartiennent plus à la même langue et répond lorsqu'on ne se comprend plus. Mais il est bien entendu ici prisonnier de sa définition de la langue comme instrument de communication, définition extrêmement limitative et qui pousse à confondre code et communication un code est sans doute nécessaire à la communication, mais il n'y a pas de code linguistique hors de son usage social.

La seule façon dµaller jusqu'au bout de la conception de la langue comme fait social n'est donc pas de se demander quels sont les effets de la société sur la langue, ou de la langue sur la société, ce qui une fois de plus consiste à poser le problème sociolinguistique en aval du problème linguistique, comme un problème différent, successif ou ultérieur. Il s'agit au contraire de dire que l'objet d'étude de la linguistique n'est pas seulement la langue ou les langues mais la communauté sociale sous son aspect linguistique. De cette façon, les différentes approches que tour à tour les variantes de la sociolinguistiques ont tentées peuvent se hiérarchiser de façon logique. J.L Calvet, La sociolinguistique, Que sais-je?

Une langue sera d'abord un ensemble de variétés dialectales ou sociologiques ayant une parenté structurale et historique. Ce premier critère est linguistique et insuffisant, comme on l'a vu. Le second critère est sociologique et politique: il doit y avoir, parmi cet ensemble de variétés, une variété particulière, la variété standard, (variété de référence ou de prestige), reconnue comme tel et parlée, sinon comprise, par l'ensemble des locuteurs, peu importe leur dialecte. Autrement dit, les allemands frontaliers parlent allemand parce qu'ils parlent ou comprennent au moins deux dialectes: leur dialecte frontalier et le dialecte allemand standard diffusé dans les médias, le système scolaire et les institutions officielles. De même pour les hollandais.

La notion de variété standard est généralement définie par les critères suivants:

1. Elle est parlée ou comprise par l'ensemble des locuteurs, peu importe leur variété.
2. Elle est codifiée d'une façon ou d'une autre: il existe une norme pour ce dialecte standard. Dans le cas des langues occidentales, les grammaires, les dictionnaires et autres ouvrages sur la langue établissent cette norme. Mais dans plusieurs sociétés, ce sont les " anciens " ou les sages qui transmettent oralement cette norme.

Dans les sociétés occidentales, le dialecte standard est écrit et élaboré: il possède les termes permettant de décrire l'ensemble des activités techniques et quotidiennes (d'où l'accent mis au Québec sur la création et la mise à jour d'une terminologie technique). C'est cependant l'exception. Lorsque le dialecte standard a été écrit et élaboré, il est possible de « ressusciter » cette langue comme on le verra plus loin.

Selon cette perspective, la question de savoir si le Cajun est du français revient essentiellement à se demander si le français standard est parlé ou compris par les Cajuns et accepté par eux comme variété de référence.

En conclusion, une langue est un ensemble de variétés dialectales et sociologiques reliées linguistiquement (structuralement et historiquement) et dominés par une variété standard normalisée reconnue comme variété de référence. La partie importante de cette définition est politique: le prestige du dialecte standard doit être accepté par les locuteurs ou imposé. Cette domination d'un dialecte standard peut se faire naturellement (ce peut être celui de la classe dominante) ou peut être imposée par législation. Dans la section suivante, nous allons voir l'importance de cette standardisation et son rapport avec le développement des états. Les sociolinguistes ajoutent qu'il y a une norme explicite (ce qu'on dit être la bonne façon de parler, la forme standard) et une norme implicite (ce qu'on croit être la bonne façon de parler, souvent sans l'avouer!).


La norme linguistique du français québécois: Lire l'important texte de Cajolet-Laganière et Martel sur la norme. Allons-y !


Récapitulons : Une langue doit être définie à partir de critères linguistiques ET sociolinguistiques. La notion de variété standard est un élément essentiel. La norme est une codification de cette variété standard dont les instruments sont les dictionnaires, les lexiques et les grammaires. Mais, grande question, quelle est la variété standard pour nous? Quelle est sa norme?

Question: Du point de vue sociolinguistique, définissez les concepts suivants: variété linguistique, sociolecte, dialecte et langue. Pourquoi cette définition de langue est-elle plus sociolinguistique que strictement linguistique?